Kamilya Jubran et Rayess Bek sur France-Inter

par Kathleen Evin

du lundi au jeudi de 20h10 à 21h

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mercredi 21 janvier 2009

Kamilya Jubran

Pour son album « Makan » chez Zig Zag qui sort le 29 janvier.

En janvier 2002, alors que les chars israeliens encerclaient la Moukhata, siège de l’autorité palestinienne, et pilonnaient la ville de Ramallah, le poète Mahmoud Darwish, enfermé chez lui comme tous les habitants de la ville, écrivait des poèmes. Ils furent édités sous le titre « Etat de siège » et ils parlaient presque tous d’amour, des paysages de Palestine, de ciel et du chant du rossignol. Certains lui ont reproché alors, comme toujours, de ne pas écrire des textes plus politiques. On vient d’entendre sa voix et sa réponse. Mahmoud Darwish est mort l’été dernier. Il faut le lire, aujourd’hui, comme hier, pour ne pas désespérer de la vie.

Kamilya Jubran, elle aussi, est palestinienne. Elle compose de la musique sur des poèmes qui l’inspirent et les chante, accompagnée par son oud, cet extraordinaire instrument traditionnel de la musique du Mashrek. Et aujourd’hui, alors qu’un silence de mort a succédé au fracas des armes à Gaza, elle s’apprête à chanter à l’Institut du monde arabe, samedi soir. Chanter l’amour, les paysages de Palestine, le ciel et le chant du rossignol, elle aussi. Parce que ce sont les armes de la poésie. Un CD, « Makan » sortira également le 29 janvier chez Zig Zag, et Kamilya Jubran est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde.


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Le reportage

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Martine Abat :

Une rencontre avec le rappeur libanais Wael Koudaih du groupe Rayess Bek Orchestra. Il est une célébrité au Moyen Orient, où il a été le premier à rapper en arabe des textes engagés et contestataires dénonçant la corruption ou la violence. Censuré dans tous les pays arabes sauf au Liban, ses disques s’échangent sous le manteau et aujourd’hui grâce au téléchargement sur Internet.

Wael Koudaih est né au Liban d’une mère palestinienne et d’un père libanais. Sa vie jusque là n’est faite que d’allers et retours entre Paris et Beyrouth au gré des guerres qui agitent le pays. Il dit que « d’un pays en guerre il veut pouvoir extraire l’humanité et la tolérance, sans sombrer dans le manichéisme ». Dans ses paroles, c’est vrai, il nous raconte avec humour et rage une terre complexe.