
- 1 Rayess Bek : Sana Helwa 05:26
- 2 Rayess Bek : Greta 08:40
- 3 Rayess Bek : I love your Piano 06:37
- 4 Rayess Bek : Who is affraid of Cats? 05:03
- 5 Rayess Bek : Two Words 09:55
La fin du monde est un peu longue
Dans « La fin du monde est un peu longue », Wael Koudaih / Rayess Bek ouvre une boîte noire de la mémoire libanaise : des cassettes audio envoyées entre le Sud-Liban et la France pendant la guerre civile ressurgissent sur scène, hantées par des images de cinéma, des archives oubliées et une bande-son électronique aussi fragile que violente.
Entre musique live, film fantôme et plongée sensorielle, la performance nous fait ressentir l’absence de frontière entre l’intime et le politique. Les voix tremblent, les bandes soufflent, les images vacillent. On entend un Liban disparu, non pas celui des livres d’histoire, mais celui des appartements, des attentes, des silences et des confidences laissés à distance.
Avec des extraits du film Le Faussaire de Volker Schlöndorff, Rayess Bek compose une œuvre hypnotique où archives personnelles et fiction cinématographique se contaminent jusqu’à brouiller toute certitude sur ce qui est vécu, rejoué ou inventé.
Note d’intention
Ma fascination pour le film « Le Faussaire » de Volker Schlöndorff a débuté bien avant d’avoir vu le film. Ce qui m’a d’abord interpellé, c’est l’histoire incroyable du tournage. Pour réaliser son film dans le Beyrouth déchiré des années 80, le réalisateur réussit le pari fou de suspendre la guerre le temps d’un tournage. La production allemande obtient en effet un improbable cessez-le-feu de la part de tous les belligérants. Les factions en présence (Palestiniens, Syriens, Phalangistes et autres) non seulement se prêtent au jeu mais jouent leur propre rôle en tant que figurants ! Un quartier du centre-ville de Beyrouth est ainsi sécurisé et la guerre suspendue, le temps d’un tournage. Cette partie de la ville devient le seul lieu à Beyrouth où miliciens de tous bord se croisent pour faire semblant de faire la guerre. Avec « Le Faussaire », ce film ne pouvait pas porter de meilleur titre.
J’ai décidé, seul en scène, de faire dialoguer les archives de ma famille (photos, K7, autres objets) de cette période douloureuse avec des extraits du making off du film de Schlöndorff. Un dialogue où le désir et la douleur de vivre s’entremêlent indistinctement. Où l’absurdité d’hier n’a rien à envier à celle d’aujourd’hui.
Wael Koudaih : Ecriture, composition, performance
Rima Ben Brahim : Eclairagiste
Benjamin Dessaint : Ingénieur son
Sébastien Lepotvin : Regard Dramaturgique
Production : Cie Rayess Bek
Partenaires : Théâtre de la Cité, Théâtre de l’Oeuvre, Marseille



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