Biographie

Wael KOUDAIH, connu à ses débuts sous le nom de scène Rayess Bek, s’impose au tournant des années 2000 comme l’une des voix pionnières du hip-hop arabe, à une époque où le genre reste encore embryonnaire dans le monde arabe. Avec son groupe Aks’ser, il forge un langage musical inédit, mêlant rap et critique sociale, qui donne une voix à une génération prise dans les tourments politiques et les tensions identitaires du Proche-Orient.

Mais l’œuvre de Wael KOUDAIH dépasse rapidement les cadres du hip-hop. À partir de 2013, il amorce un tournant résolument expérimental avec Good Bye Schlondorff, performance multimédia saluée par des institutions de renom telles que le Centre Pompidou (Paris), le HKW (Berlin) ou Superdeluxe (Tokyo). Ce projet marque une étape décisive dans sa trajectoire : celle d’un artiste devenu chercheur de mémoire et sculpteur de sons.

Cette quête mémorielle prend une forme singulière avec Love and Revenge (2015), où KOUDAIH revisite les archives visuelles et sonores de l’âge d’or du cinéma arabe. En samplant et remixant ces trésors oubliés, il tisse un dialogue poétique entre passé et présent, entre mémoire collective et relecture contemporaine. Le projet connaît une résonance internationale, avec des présentations dans 24 pays, notamment à la Philharmonie de Paris, à la Fondation Cartier et au Louvre Abu Dhabi.

Dans Galbi Galbi, second volet de Love and Revenge, Wael KOUDAIH poursuit son exploration du patrimoine visuel et sonore en exhumant les archives du mythique Studio Baalbek, haut lieu de la production cinématographique libanaise des années 1960. À travers une écriture sonore électronique singulière, il insuffle une nouvelle vie à ces fragments de mémoire, entre nostalgie et avant-garde.

Reconnu pour sa capacité à interroger les récits culturels à travers le prisme du son, Wael KOUDAIH est sollicité par la Philharmonie de Paris pour concevoir Agmal Layali (2025), une relecture ambitieuse du répertoire d’Oum Kalthoum. Ce projet conjugue arrangements électroniques, archives restaurées et dispositifs visuels immersifs pour offrir une écoute renouvelée de la diva égyptienne, loin des clichés figés.

D’autres projets marquent également son parcours d’artiste-arpenteur : Strange Land (2019), dialogue entre sons d’archives et photographie contemporaine ; DABAKA (2018), relecture électronique du répertoire de la dabkeh levantine ; ou encore 4375 (2017), réflexion subtile sur les entrelacs entre musique et spiritualité islamique.

À travers ses créations, mais aussi ses collaborations dans le cinéma, le théâtre et le documentaire, Wael KOUDAIH poursuit inlassablement une œuvre en tension entre héritage et invention, où chaque sample devient un acte de résistance contre l’oubli.