- 1 Rayess Bek : 30 02:52
- 2 Rayess Bek : La min? 03:46
- 3 Rayess Bek : Khartech 3a Zaman 05:20
- 4 Rayess Bek : Samm 03:20
- 5 Rayess Bek : intikhabet 09 05:41
- 6 Rayess Bek : Manem 04:04
- 7 Rayess Bek : Baghdad 03:55
- 8 Rayess Bek : Rap 03:23
- 9 Rayess Bek : Keskonatten 03:30
- 10 Rayess Bek : L’homme de gauche 04:02
- 11 Rayess Bek : Musulman 04:07
- 12 Rayess Bek : Herbes Folles 04:31
- 13 Rayess Bek : mon C.V. 02:46
- 14 Rayess Bek : Ca va mal 03:38
- 15 Rayess Bek : Schizophrenia 04:00
Rayess Bek Pionnier du Hip-hop arabe au Liban
Lorsque le hip-hop commence à s’imposer comme langage global de contestation dans les années 1990, rares sont encore les artistes du monde arabe qui choisissent d’en faire un outil d’expression en arabe dialectal. Au Liban, Rayess Bek, de son vrai nom Wael Koudaih, fait partie de ceux qui ouvrent la voie. Considéré aujourd’hui comme l’un des pionniers du hip-hop arabe, il a contribué à faire du rap non pas une imitation des modèles occidentaux, mais un espace de parole ancré dans les réalités sociales et politiques libanaises.
Né en 1979 à Nabatieh, dans le sud du Liban, il grandit dans l’ombre de la guerre civile et de ses prolongements. Cette expérience marque profondément son rapport au monde, à la mémoire et au politique. Très tôt, il découvre le rap américain engagé, notamment Public Enemy, ainsi que le rap français de IAM. Mais plus que l’esthétique musicale, c’est la puissance du hip-hop comme forme de témoignage et de résistance qui retient son attention.
À quinze ans, il commence à écrire ses premiers textes. Dans un contexte où de nombreux rappeurs de la région choisissent encore l’anglais ou le français, il décide de rapper en arabe libanais. Un choix loin d’être anodin à la fin des années 1990. Pour lui, le rap doit parler aux gens directement, dans leur langue quotidienne. Cette décision contribue à poser les bases de ce qui deviendra plus tard une véritable scène de hip-hop arabe.
- 1 Aks’Ser : Saffeit bi Aks’Ser 06:03
- 2 Aks’Ser : Ahla Bil Chabeb 02:50
- 3 Aks’Ser : 3rof kif 02:33
- 4 Aks’Ser : Hayete bi hal no2ta 02:37
- 5 Aks’Ser : Habaytek ya Pizza Msa’aa 04:36
- 6 Aks’Ser : Saffeit bi Aks’ser Remix 02:48
Ask’ser, rapper à contre-courant
En 1997, Rayess Bek fonde avec Eben Foulen et Tarek Yamani le groupe Aks’ser. Le nom signifie littéralement « à contre-courant », une formule qui résume bien leur posture artistique. Le groupe se positionne d’emblée en rupture avec les discours dominants et avec les récits officiels d’un Liban en reconstruction.
Aks’ser est souvent considéré comme l’un des premiers groupes de rap arabophone du Liban, voire du monde arabe. Leur musique mêle textes en arabe libanais, satire politique, critique sociale, récits urbains et productions inspirées du hip-hop underground de la côte Est américaine. Les références locales y occupent une place centrale, tout comme les jeux de langage et les doubles sens.
Dans le Liban des années 1990, la censure reste omniprésente. Les paroles sont surveillées, les disques examinés, les artistes contraints de justifier leurs textes. Pour contourner ces contraintes, Aks’ser développe une écriture fondée sur l’ironie, la métaphore et le sous-entendu politique. Cette contrainte devient une force esthétique : le groupe affine une parole dense, souvent elliptique, mais profondément critique.
Parmi leurs premiers projets figurent « Ahla bil Chabeb » (2000), « Khartouch » (2002) et « Aks’ser » (2005). Ces productions participent à structurer le rap underground libanais bien avant que celui-ci n’accède à une visibilité plus large. Des titres comme « Fetna B’ Aks el Seir » restent aujourd’hui des références fondatrices du hip-hop libanais.
Aks’ser démontre alors qu’un rap en arabe peut être littéraire, politique et socialement engagé, loin de l’idée d’une simple reproduction du modèle américain.
- 1 Rayess Bek : Intro 00:32
- 2 Rayess Bek : Amercaineh 03:00
- 3 Rayess Bek : Baye3 Manem 03:28
- 4 Rayess Bek : 3am Behkeh bil Soukout 03:08
- 5 Rayess Bek : Choufo Halone 04:32
- 6 Rayess Bek : Wara Dahreh 03:08
- 7 Rayess Bek : Hayeteh 02:38
- 8 Rayess Bek : Bi Soukout Remix 03:07
- 9 Rayess Bek : Outro 01:22
Du rap engagé à l’expérimentation artistique
En 2002, Rayess Bek entame parallèlement une carrière solo avec l’album « 3am Behkeh bel Sokout » (« Je parle en silence »). Le projet confirme son positionnement de rappeur profondément engagé, attentif aux fractures du Liban contemporain.
Ses textes abordent la mémoire de la guerre, Beyrouth de l’après-guerre, la corruption, les logiques confessionnelles, l’exil, le retour, ainsi que la question de l’identité entre la France et le Liban. Son écriture se situe à la croisée de l’intime et du politique, du récit personnel et de l’analyse sociale.
Suivront notamment « Nuit gravement à la santé » (2005), « Khartech 3a’ Zamann / L’Homme de gauche » (2010) et « Hip Hop Republic » (2011). Peu à peu, son travail s’éloigne du format classique du rap pour intégrer le oud, le nay, les arrangements orchestraux, les structures mélodiques arabes, ainsi que le spoken word et la poésie performée.
Cette hybridation musicale participe à redéfinir les contours du hip-hop arabe. Rayess Bek ne cherche plus seulement à adapter le rap à un contexte local ; il en fait un langage ouvert, capable de dialoguer avec les héritages musicaux arabes et avec d’autres formes artistiques.
- 1 Rayess Bek : B-E-I-R-U & T 03:03
- 2 Rayess Bek : Samm Remix 03:10
- 3 Rayess Bek : Soukout Remix 02:10
- 4 Rayess Bek : Lebnen Helem Remix 03:26
- 5 Rayess Bek : Halon Remix 03:20
- 6 Rayess Bek : Lamin Edd Remix 04:07
- 7 Rayess Bek : Bi Faneh Farid 04:43
- 8 Rayess Bek : Schizophrenia Remix 04:23
- 9 Rayess Bek : Madinet Beirut 03:07
- 10 Rayess Bek : Rap Remix 02:59
- 11 Rayess Bek : Manem Remix 03:56
- 12 Rayess Bek : Al Shou3ara2 03:51
- 13 Rayess Bek : Lamin Eben Foulen Remix 03:22
Une figure fondatrice
Rayess Bek est souvent cité aux côtés de Tamer Nafar, fondateur du groupe DAM, ou de Rabah Ourad, comme l’un des premiers architectes du rap en arabe dialectal dans la région.
Son importance ne tient pas uniquement à son antériorité. Elle réside surtout dans le fait d’avoir démontré que le hip-hop pouvait devenir, dans le monde arabe, un véritable espace de pensée critique. Un lieu où la poésie rencontre la contestation, où la mémoire dialogue avec la rue, où la musique devient archive politique.
Au Liban, il a contribué à faire passer le rap du statut d’imitation culturelle à celui d’écriture autonome. Sans Aks’ser et sans Rayess Bek, la trajectoire du hip-hop libanais, du rap conscient aux scènes alternatives contemporaines, aurait sans doute été tout autre.
Il reste aujourd’hui l’une des figures majeures de cette histoire : non seulement un rappeur, mais un passeur entre les générations, entre les langues, et entre les formes de résistance artistique.









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