
Photo de Mohamad Jeddi
CHAYYEL réinvente la dabké dans une performance audiovisuelle live, à la croisée des musiques électroniques et de l’image en mouvement.
Rayess Bek et Joan Baz déconstruisent les rythmes, les codes et les gestes de cette danse traditionnelle levantine pour en proposer une relecture contemporaine.
Par le jeu des répétitions, des boucles sonores et des gestes hypnotiques, le son et l’image entrent en résonance, composant un espace immersif où les corps, les rythmes et les images se répondent et se transforment.
À partir de sons enregistrés à Beyrouth, Rayess Bek compose une matière électronique inédite, façonnée par des archives sonores et des captations de terrain. Entre transe, culture club et mémoire, ces fragments du réel sont déconstruits, transformés et réassemblés en nouvelles compositions.
En parallèle, Joan Baz travaille les mouvements de la dabké en temps réel. Par le jeu de la répétition, de la distorsion, du ralenti et de la superposition, elle recompose les gestes et les corps à l’image. Le mouvement devient rythme, le geste, pulsation visuelle.
CHAYYEL compose ainsi un espace où son, image et mouvement fusionnent, réinscrivant la dabké, danse traditionnelle du Bilad el-Cham, dans une expérience contemporaine, physique et immersive.

la dabkeh est intrinsèquement graphique
Créé à partir d’images tournées au Liban et à Marseille, le projet CHAYYEL isole les mouvements fondamentaux de la dabké pour en révéler la géométrie rythmique. Grâce à son expertise en animation et design graphique, Joan Baz déploie une approche plastique qui sublime la dimension graphique de cette danse.
Le vocabulaire visuel de la dabké repose sur la répétition et la tension entre l’individu et le collectif, illustrée par les costumes contrastés, les mains entrelacées et les frappes de pieds synchronisées. Profondément ancrée dans le tissu social du Levant, notamment lors des mariages, cette danse ne peut être séparée de son contexte culturel.
Le corpus vidéo capture l’essence de ce rituel en isolant ses micro-gestes. Déclinés en boucles et étirés dans le temps, ils ouvrent de nouvelles perceptions du mouvement. Cette démarche graphique fait écho à la musique électronique : les images sont fragmentées en pistes et strates visuelles distinctes, où chaque motif s’accorde à un rythme spécifique soumis à de subtiles variations.


Matière sonore
La matière sonore du projet prend sa source dans une série de sessions intimistes enregistrées en studio à Beyrouth, réunissant des chanteur·euses et des instrumentistes du Liban, de Syrie et de Palestine.
Ces sessions explorent une riche palette de sonorités régionales, portées notamment par le mijwiz, le mizmar, le nay et les percussions telles que le tabl. À l’image des microgestes qui composent la dabké, ces éléments acoustiques constituent une véritable ossature rythmique, façonnée par des motifs cycliques et des traditions de transmission orale.
Producteur et compositeur, Rayess Bek engage à son tour un processus de déconstruction de ces matières vocales et instrumentales brutes. À l’instar des images, fragmentées en strates distinctes, les prises de son sont isolées, découpées puis recomposées au moyen des outils de la production électronique contemporaine. De cette mise en tension entre héritage musical et expérimentation sonore émerge une nouvelle matière, où les motifs traditionnels deviennent le socle de compositions inédites.

La Scénographie
Le dispositif scénique repose sur une installation immersive à deux écrans. Loin de se limiter à un rôle de toile de fond, les écrans deviennent des éléments actifs de l’espace : ils démultiplient les corps dansants, les fragmentent et les projettent dans l’espace, jusqu’à envelopper le public.
Au centre de la scène, les deux artistes se font face. Cette configuration spatiale structure le dialogue en direct entre la performance musicale de Rayess Bek et le travail de manipulation visuelle en temps réel de Joan Baz, faisant de la scène un espace d’interaction entre son, image et geste.
Crédits:
Wael Koudaih : Musique
Joan Baz : Vidéo
Rima Brahim Ben : Lumière
Production : Cie Rayess Bek
Co-production: Saison Méditerranée, A.M.I – Aide aux musiques innovatrices, Département les Bouches du Rhone, Banlieues Bleues, Mejwiz, Tunefork.







Photo de Mohamad Jeddi