Good Bye Cover Art

Good Bye

Rayess Bek

Listen on Bandcamp
  • 1 Rayess Bek : Sana Helwa 05:26
  • 2 Rayess Bek : Greta 08:40
  • 3 Rayess Bek : I love your Piano 06:37
  • 4 Rayess Bek : Who is affraid of Cats? 05:03
  • 5 Rayess Bek : Two Words 09:55

Goodbye Schlöndorff

Ce jour-là, j’avais emprunté la voiture de ma mère et je m’étais retrouvé coincé dans un de
ces interminables embouteillages dont Beyrouth a le secret. J’ai alors sorti, prise au hasard,
une des nombreuses cassettes de la boîte à gants. À peine l’ai-je mise dans le lecteur de
l’autoradio, que, soudain, j’entends la voix de ma grand- mère, décédée il y a 15 ans…

L’âge d’or de la cassette coïncide curieusement avec la guerre civile libanaise (1975-1990). À cette époque, les moyens de communications sont réduits. Elle prend alors une nouvelle
dimension et devient un média de correspondance. Les familles séparées par la guerre et l’exil enregistraient leur vécu et leur ressenti, au Liban ou à l’étranger, pour communiquer entre elles via ces lettres sonores

Note d’intention

Ma fascination pour le film « Le Faussaire » de Volker Schlöndorff a débuté bien avant d’avoir vu le film. Ce qui m’a d’abord interpellé, c’est l’histoire incroyable du
tournage. Pour réaliser son film dans le Beyrouth déchiré des années 80, le réalisateur réussit le pari fou de suspendre la guerre le temps d’un tournage. La production allemande obtient en effet un improbable cessez-le-feu de la part de tous les belligérants. Les factions en présence (Palestiniens, Syriens, Phalangistes et autres) non seulement se prêtent au jeu mais jouent leur propre rôle en tant que figurants ! Un quartier du centre-ville de Beyrouth est ainsi sécurisé et la guerre suspendue, le temps d’un tournage. Cette partie de la ville devient le seul lieu à Beyrouth où miliciens de tous bord se croisent pour faire semblant de faire la guerre. Avec « Le Faussaire », ce film ne pouvait pas porter de meilleur titre.
J’ai décidé, seul en scène, de faire dialoguer les archives de ma famille (photos, K7, autres objets) de cette période douloureuse avec des extraits du making off du film de Schlöndorff. Un dialogue où le désir et la douleur de vivre s’entremêlent indistinctement. Où l’absurdité d’hier n’a rien à envier à celle d’aujourd’hui.

Wael Koudaih : Ecriture, composition, performance
Rima Brahim Ben : Eclairagiste
Benjamin Dessaint : Ingénieur son
Sébastien Lepotvin : Regard Dramaturgique
Production : Cie Rayess Bek


Partenaires : Théâtre de la Cité, Théâtre de l’Oeuvre, Marseille




Presse